La Bouchère de Bravil

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La Bouchère de Bravil

Message par Demeter le Dim 18 Fév - 15:07

Journal du capitaine Jena Apinia

On m'a donné bien des surnoms dans ma carrière. J'ai été félicitée par mes amis et mes alliés, agonie d'injures et épithètes orduriers par mes ennemis, mais aucun titre ne fut plus cuisant et injuste que celui que je porte aujourd'hui, et que j’emporterai sans doute avec moi dans la tombe. On m'appelle la "Bouchère de Bravil".

La guerre en Cyrodiil battait son plein lorsqu'un nouveau danger a surgi pour menacer la cité impériale. Mes soldats profitaient d’une permission bien méritée lorsque les chaînes se sont abattues depuis les cieux. Certains ont affirmé que l'une des alliances avait invoqué une magie étrange et mortelle pour faire plier la cité impériale, tandis que d'autres y voyaient assurément la patte d'un Prince Daedra. Pour ma part, peu m'importait que cela vienne de la reine Ayrenn ou de Molag Bal. Je savais que je devais mettre à l'écart les soldats dont j'étais responsable.

Mon but était simple : survivre. Ne pas mourir en tentant de défendre la cité impériale contre un ennemi que nous ne comprenions pas. Nous devions vivre, pour reprendre la lutte le jour où la victoire deviendrait possible. Certains attribuent notre fuite à la lâcheté, mais mes actions permirent de sauver une légion entière. Bien sûr, en fuyant la cité aussi vite, nous n'étions pas équipés pour survire hors des murs de la ville. Nous devions nous regrouper, reconstituer des réserves et déterminer la marche à suivre. J'ai ordonné à ma légion de partir vers le sud, loin de la ville.

Bravil est une petite ville délabrée au sud de la cité impériale, en bordure de la baie de Niben. Dire que Bravil est pauvre tient de l'euphémisme. Les habitants auraient été heureux de se hisser à ce niveau économique. Ils vivaient dans des cabanons en bois empilés les uns sur les autres, comme des ragnards dans un terrier. Ils ne possédaient presque rien. Mais ce presque rien, ma légion en avait besoin. Le devoir de Bravil était de nous aider, pour le bien et la gloire de l'Empire. Je l'ai expliqué, très succinctement, au maire de Bravil.

Ledit maire a aimablement refuse ma demande. "Les quelques réserves que nous avons, toutes misérables soient-elles, sont essentielles pour la survie de Bravil et de ses habitants. Vous devez comprendre pourquoi je refuse, capitaine. Je demande humblement à votre légion de poursuivre sa route".

Dire que sa réponse m'a mise en rage revient à dire que le roi scalde n'est pas entièrement un ivrogne abruti. Mais je comprenais son dilemme. Si je prenais la nourriture de la ville, Il verrait la moitié de ses citoyens mourir de faim lorsque le froid de l'hiver s'installerait dans la région. La solution était simple, mais l'ordre me cuisait. Mes soldats devait éliminer la moitié de la population de la ville. Cela donnerait à l'autre moitié une chance de survivre avec les vivres que nous laisserions.

Je pensais aider ces pathétiques créatures, mais pensez-vous qu'ils m'auraient remerciée ? Non. Le reste de la ville s'est soulevé contre nous. En fin de compte, nous avons dû en massacrer bien plus que la moitié, dont le maire, que je tiens pour responsable de toute la situation. Nous avons rassemblé les vivres, ainsi que plusieurs objets de valeur pour financer nos efforts, et avons quitté Bravil.

Quelques jours plus tard, alors que nous approchions d'une autre agglomération, j'ai constaté que la nouvelle de ce qui était arrivé à Bravil commençait à circuler, de manière un peu exagérée. On m'appelait le "Boucher de Bravil", et on me considérait comme une sorte de criminelle de guerre qui faisait son possible pour tuer des civils innocents. Ces gens ignoraient tout de la guerre et des décisions impossibles qu'un commandant doit prendre sur le terrain. Auraient-ils préféré que mes soldats meurent de faim ? Comment aurions-nous pu les protéger, alors ? J'appris aussi que la reine Ayrenn avait envoyé un de ses maudits Yeux à mes trousses, pour récupérer les objets que nous avions acquis et me faire payer ce massacre.

J'ai envoyé le gros de ma légion à la rencontre du reste de l'armée, hors de la cité impériale. De mon côté, je suis partie vers la Côte d'or avec un petit détachement. Je compte affronter l'Œil de la reine à l'endroit que j'aurais décidé. Alors, nous verrons quelle justice prévaut.
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